Musique d'Illustration fait partie du réseau musical administré par Musicjag - Musique d'Illustration.
Ici, vous pouvez lire des extraits d'un TPE de Julie CHENU, Lucy DE OLIVEIRA, Caroline PHILIPPE et Jennifer ABRIC dont l'objet est de montrer "en quoi la musique est indissociable de l'image"
Avec leur aimable autorisation.
INTRODUCTION
Depuis ses débuts, le cinéma est associé à la
musique. En effet, dès ses premiers pas, des fanfares et des hommes-orchestres
jouent à l'extérieure des salles pour attirer les passants. Peu
de temps après, lors des projections de films, et notamment lors des « séances
Lumières » organisées par les inventeurs du cinématographe,
un musicien est présent dans la salle, tel que Emile MARAVAL au piano.
C'est immédiatement un succès. Les directeurs de salles emploient
des « tapeurs », c'est-à-dire des pianistes, qui
improvisent et changent de tempo suivant les thèmes : burlesque, dramatique,
historique ou documentaire. Mais par la suite, ils reçoivent des indications
et disposent d'un « catalogue de situations » : action,
nuit et atmosphère sinistre, nuit et atmosphère menaçante,
péripéties, folie, magie, chutes... Pour que les spectateurs
comprennent les évènements, il faut que la musique « parle » pour
le personnage. Ainsi, le wurlitzer, orgue d'une incroyable complexité qui
permet d'obtenir une multitude d'effets sonores, fait son apparition à la
place du piano et y reste comme étant l'instrument spécifique
au cinéma.
Plus tard, le répertoire s'élargit : des orchestres prennent
place dans les salles. La musique d'accompagnement devient essentielle à l'image.
Vers 1920, c'est le film qui devient l'accompagnateur de la musique, mais très
vite, les extrêmes se neutralisent. En 1927, avec « Le Chanteur
de jazz », premier film parlant, l'idée : image = musique
est renforcée. Depuis cette époque, la grande majorité des
films sont accompagnés de musique. Cependant, peut-on aller jusqu'à dire
que cette dernière est indissociable de l'image ?
L'objet de nos Travaux Personnels Encadrés sera de montrer « en
quoi la musique est indissociable de l'image ». Pour ce faire, nous
avons décidé de traiter seulement la musique insérée
sur l'image. Pour cette raison, nous n'aborderons pas les clips musicaux, qui
obéissent plutôt à la règle de l'image insérée
sur la musique, étant donné qu'un court métrage est réalisé pour
les besoins de la musique déjà écrite. Nous analyserons
dans un premier temps les différents rôles de la musique sur l'image,
c'est-à-dire essentiellement commerciaux et sentimentaux. Puis nous
verrons le choix qui s'offre à un réalisateur pour mettre en
valeur l'image, à savoir l'utilisation d'une oeuvre originale ou d'une
oeuvre pré-existante.
La musique de publicité a un rôle essentiellement commercial.
En effet, elle agit sur le téléspectateur en retenant son attention.
Un individu est exposé à environ deux mille à trois mille
messages par jour en moyenne, dont il n'en retient qu'une dizaine seulement.
Si une musique de publicité a bien rempli son rôle, souvent grâce à une
ritournelle marquante, alors le téléspectateur associera toujours
cette musique à la marque du produit présenté, dont il
se souviendra plus facilement.
Voici quelques exemples de publicités où la musique utilisée
valorise le produit :
"Steiner Paris" où le solo du piano dégage un sentiment
de chaos et de vide où seul le mobilier prédomine .
"Saupiquet" où la musique classique avec la présence
des instruments à cordes dégage une idée d'aliment raffiné et
d'une cuisine saine et équilibrée.
"Mégane" où le célèbre ténor italien
Luciano PAVAROTTI interprète Sono lo spirito che nega, extrait de l'opéra
Mefistofele de Boito ARRIGO, et fait ainsi transparaître toute la pureté,
l'élégance et la majesté de la voiture par comparaison à sa
puissante voix.
et enfin "région Midi-Pyrénées" où l'instrument
traditionnel qu'est l'accordéon fait ressortir le fait que cette région
française est chaleureuse et pleine de traditions .
Dans le modèle publicitaire
Chez les enfants, le phénomène est encore plus flagrant : ils
sont de plus en plus les cibles des publicités car, chez les moins de
10 ans principalement, ils n'ont pas encore d'opinion négative ni même
d'avis critique à l'égard de celles-ci. De plus, les enfants
ont la capacité de retenir plus facilement les slogans chantés
et les musiques de publicité, à tel point que nous pouvons parfois être
surpris par un enfant capable de répéter mot pour mot un message
publicitaire. Nous pouvons également remarquer que la grande majorité des
publicités destinées à un public très jeune est
accompagnée d'une musique enfantine, minimaliste, ou de la marque
(ou le nom du produit) chantée. Par exemple, quel enfant, à la
vue du nom « Action Man », n'entend pas immédiatement
le slogan musical associé, c'est à dire « Action
Man, le plus grand de tous les héros » ? Cela nous conduit à nous
poser la question suivante : la musique peut-elle créer un conditionnement
aux marques ?
Dans le modèle commercial avec les films d'animation
De même, la musique de chaque film d'animation des studios Walt
Disney est restée dans la mémoire des enfants. Par exemple, au
simple nom de "Le livre de la Jungle" tous les enfants pensent
tout de suite à "Il en faut peu pour être heureux, vraiment
très peu pour être heureux. Il faut se satisfaire du nécessaire,
etc"
De plus, "Aladdin" et "Le Roi Lion" ont remporté deux
oscars pour la meilleure chanson ainsi que la meilleure musique originale.
Souvenons-nous respectivement de "Ce rêve bleu, je n'y crois pas,
c'est merveilleux" et de "C'est l'histoire de la vie, le cycle éternel..."
Pour finir, citons également l'incontournable "Blanche Neige et
les Sept Nains" avec le chant des nains de retour de la mine "Eh !
Oh ! Eh ! Oh ! On rentre du boulot..."
Dans le domaine cinématographique, la musique remplit deux rôles principaux : elle met en valeur une scène et fait ressortir les sentiments exprimés au cours du film.
Lors de la composition d'une musique de film, le compositeur possède peu de liberté et doit se soumettre à certaines règles. En effet, il doit respecter les volontés du réalisateur et les temps de musique qui lui sont impartis, analyser les scènes afin de trouver les thèmes principaux et enfin travailler dans la limite du budget disponible.
Le réalisateur : Les exigences du réalisateur sont diverses et plus ou moins importantes selon la relation entre le réalisateur et le compositeur. Effectivement, Amaury GROC (compositeur de Goodbye Lenin ) nous l'a démontré : « avec les réalisateurs que je connais très bien, j'ai une très grande liberté de composition». Pour une musique sur commande, créée par le compositeur, le cahier des charges stipule le sujet, le support ainsi que la finalité de la musique attendue. Le réalisateur est donc le fil directeur de la composition ; il a le pouvoir d'accorder la musique ou non. Comme le souligne Mario LITWIN : « Pour un même film, il y a des dizaines de musiques possibles. C'est au compositeur de les proposer. Une seule est la bonne. C'est au réalisateur de le découvrir ». C'est à lui que s'adresse le compositeur en cas de problème afin d'avoir un éclaircissement, par exemple par rapport au scénario ou encore à la durée de la scène.
Le minutage : La seconde contrainte à laquelle
le compositeur se trouve confronté est le respect du temps de la scène
sur laquelle il doit composer. Il doit donc minuter les scènes sur lesquelles
il composera de la musique, en tenant compte des temps impartis. D'autant plus
que le temps de musique dans la scène reste tout de même assez
bref. Le compositeur doit donc arriver à faire passer un maximum d'émotions
en un minimum de temps. Il existe un « time code » qui
permet de fixer et de caler parfaitement la musique sur l'image en fonction
des différents points de synchronisation de la scène, appelés "hitpoints"
Prenons l'exemple d'Aurélien MARINI, avec une scène de combat
se découpant en quatre parties :
1) Début du combat : les deux combattants se regardent face à face
et se parlent violemment.
2) Ils commencent à se battre
3) ils s'arrêtent en se bloquant contre un mur
4) Fin du combat : l'un des deux assène un coup fatal à son
adversaire
Dans ce cas là, la première partie (1) de la musique est tendue
mais ne doit pas donner d'aspect rythmique trop fort afin de permettre à la
seconde partie (2) d'accentuer l'action car à partir du moment où ils
se battent il faut rester dans le rythme des mouvements. Ensuite l'un des deux
se retrouve bloqué contre le mur (3), la rythmique se calme car il n'y
a pas d'action à proprement parler mais la tension doit toujours se
sentir pour augmenter crescendo et finir ainsi sur le coup fatal qui mettra
fin à la scène (4). Si la musique ne suit pas exactement le minutage
de la scène, alors tout l'effet de la bagarre est perdu.
Ambiance générale du film
Trouver le bon thème musical par rapport à une image
est également une contrainte essentielle afin que l'émotion dégagée
par la musique soit à l'unisson avec celle dégagée par
l'image. Voyons l'exemple du court métrage de Flora SOUBEYRAS, une élève
de Terminale au lycée, intitulé Mauthausen . Flora l'a réalisé lors
d'une visite du camp de concentration. Elle nous a expliqué sa démarche, à savoir
de mettre une musique neutre sur ces images. En effet, elle a préféré une
musique « instrumentale » pour souligner l'idée
de chaos et de vide qui se dégage du camp, à une musique avec
des paroles, car aucun mot n'est à la hauteur de qualifier cette période
de l'Histoire . Cependant, il n'est pas rare qu'un compositeur
présente une composition surprenante et atypique au réalisateur.
Dans ce cas, il est possible que ce soit un échec total à cause
d'une différence trop importante d'ambiance ou de thème, comme
il est également possible que le succès soit immédiat
du fait d'une grande originalité. En effet, le compositeur peut créer
ou proposer une musique qui n'est pas forcément, à première
vue, en relation avec l'image. Prenons l'exemple du réalisateur Stanley
KUBRICK, qui a osé mettre de la musique du XVIIIe siècle avec
les célèbres compositeurs classiques Beethoven, Purcell et Rossini,
sur les scènes extrêmement violentes de Orange mécanique
. Le bon choix de la musique est fondamental car celle-ci peut faire le succès
comme le malheur d'un film comme l'a souligné Amaury GROC : « la
vraie bonne musique est celle qui colle au script ». Quand la musique
d'un film reste gravée dans votre tête après une seule
projection, c'est que le compositeur a réussi son pari en apportant
un style et une atmosphère musicale particulière. Le compositeur
doit trouver le thème général dégagé par
l'image. Ainsi il pourra reprendre la même musique lorsque ce thème
reviendra de manière récurrente tout au long du film.
En analysant quelque peu la musique composée par François PEYRONY
pour le film sorti à la fin de l'année 2005 Il ne faut jurer
de rien , nous pouvons remarquer que l'un des thèmes récurrents
du film est l'argent, que sort continuellement Van Buck de ses poches, personnage
interprété par Gérard JUGNOT. Le second thème principal
du film est le romantisme de Valentin, personnage joué par Jean DUJARDIN,
retranscrit par de la musique de chambre pour commencer la scène, puis
par un orchestre. Le compositeur dit de son générique : "Une
rhapsodie au rythme de Sicilienne, un morceau "majestueux et automnal" (indication
que j'ai portée sur la partition), pour doucement nous faire atterrir
dans notre époque après 1h40 d'enchantement... "
Il faut aussi arriver à trouver le bon dosage de musique car un film
qui en comporterait trop pourrait gêner le spectateur. De même
qu'un film en possédant peu pourrait rapidement ennuyer et lasser le
spectateur car le film deviendrait moins intéressant. Le compositeur
doit donc trouver le bon dosage de musique, un juste milieu.
Comme l'a souligné Jean-Claude PETIT, compositeur de la musique du film Le hussard
sur le toit de Jean-Paul RAPPENEAU : « écrire
une musique de film c'est développer une idée » ou
encore « la musique de film permet de retranscrire l'intérieur
des personnages ».
Maurice JAUBERT a dit du cinéma muet : « l'écriture
musicale ou la science symphonique devront céder le pas à l'efficacité,
la quantité de notes sera dictée par la dialectique visuelle
du film, les interventions sonores obéiront à des mobiles précis ».
C'est à dire que la musique doit aller à l'essentiel et correspondre à l'image,
la partition doit suivre le mouvement de la caméra et le rythme des
scènes, et la musique doit être utilisée dans un but précis
et non au hasard, pour « combler ». Il y a une réelle
démarche intellectuelle dans la composition d'une musique de film.
Le budget
Selon le budget, la musique sera plus ou moins prédominante
dans un film, une publicité ou un reportage. De même, plus le
budget est important, plus la musique est exceptionnelle et impressionnante, à l'image
des grosses productions hollywoodiennes telles que Harry Potter , le Seigneur
des anneaux ou autre Star Wars . Un film à petit budget ne possédera
pas une musique très présente dans le film de par le manque de
moyens, comme le montrent notamment les petites productions asiatiques, tel
que le film Bashing du réalisateur Masahiro KOBAYASHI que nous avons
pu visionner cette année avec l'option Européenne du lycée.
Si le producteur est conscient de l'intérêt d'une musique originale,
il fait des « efforts » pour que le compositeur obtienne
un certain budget pour faire la musique.
Choix d'un compositeur
En premier lieu, le réalisateur exprime le souhait de travailler avec
un compositeur. Puis le producteur négocie un contrat avec celui-ci
ainsi que la date butoir du projet.
De plus en plus, les réalisateurs font appel à des compositeurs
alors qu'ils n'ont pas encore commencé le tournage, parfois trois ou
quatre mois auparavant, à l'instar de Gabriel YARED (compositeur de
Le patient anglais , Le talentueux Mister Ripley , Cold Mountain , Tati Danielle
, Shall we dance , Un automne à New York , Une bouteille à la
mer ...) qui a été contacté l'an dernier en février
pour un film débutant son tournage en juin. Cette pratique est notamment
prédominante en Angleterre, et de loin celle que préfèrent
les compositeurs, qui ne sont pas pressés par le temps, et les acteurs,
qui sont guidés et influencés dans leur jeu. Cependant, il est
fréquent qu'un réalisateur face appel à un compositeur
après avoir tourné son film. Dans ce cas, il y a eu des musiques
temporaires issues de films pré-existants sur le tournage. Ces musiques
temporaires sont appelées « temp tracks » et sont
utilisées pour que les comédiens jouent en musique. L'équipe
du film est alors habituée à une musique différente de
la musique finale, et pour cette raison cette méthode de travail n'est
pas très bonne.
Lecture du scénario
Dans un premier temps, le compositeur lit le scénario. Puis il détermine
avec le réalisateur les passages du film nécessitant de la musique.
En partant du principe que le tournage n'a pas encore été effectué,
l'artiste va donc commencer à composer en quelque sorte « dans
le vide » à l'instar de Gabriel YARED qui a composé la
majorité de ses musiques du film sans avoir vu une seule image !
Composition et adaptation à l'image
La première phase de composition est de rechercher les principaux
thèmes du film qui se dégagent du scénario, comme l'amour
ou la peur. Le compositeur écrit plusieurs mélodies correspondant à chaque
séquence sur lesquelles il doit composer. Sa composition va au même
rythme que le tournage et évolue ainsi avec lui.
Une fois le tournage du film terminé, le travail est plus précis.
En effet, le compositeur chronomètre de manière très rigoureuse
les passages du film qu'il doit « embellir », ou bien
travaille en synchronisation avec l'image, c'est-à-dire qu'il modifie
sa musique en visualisant la scène. Il peut orchestrer sa mélodie
de différentes manières, l'harmoniser, l'étirer ou au
contraire la compresser, ou bien encore la décliner en variations. Le
compositeur doit également trouver le tempo idéal en fonction
du rythme du montage. Par exemple, une séquence de film fait 24 images
par seconde, donc sachant que le rythme des secondes correspond au tempo de
60 à la noire, on peut utiliser un tempo de 60 ou un multiple à la
noire. C'est différent pour une séquence de reportage ou de documentaire,
réalisé avec une vidéo, car il y a 25 images par seconde.
Puis, le compositeur analyse les scènes en étudiant les mouvements
de la caméra, le jeu des acteurs, les lumières... En effet, tout
peut être source d'inspiration ! Une fois le travail terminé,
le compositeur fait un montage stéréo de l'ensemble des pistes
qu'il a créées, et les enregistre à partir du point 0,
c'est-à-dire à partir du tout début du film, afin que
le monteur n'ait qu'à superposer le son et l'image.
Validation des musiques composées
Le réalisateur, le producteur ainsi que le compositeur se rencontrent
une nouvelle fois pour écouter les créations de ce dernier. Si
le travail effectué plait au réalisateur et au producteur, ceux-ci
valident les oeuvres. En effet, il n'y a pas que le réalisateur qui
donne son avis sur la musique composée; le producteur a également
le pouvoir de faire changer une musique, mais en général, il
respecte la volonté du réalisateur.
Enregistrement des oeuvres
Si le film possède un budget suffisant, les oeuvres sont enregistrées
en studio avec des musiciens professionnels. Lorsqu'il s'agit d'une petite
formation instrumentale, les musiciens n'ont pas la possibilité de visualiser
les images pendant leur interprétation. Par contre, cela est possible
lorsqu'il s'agit par exemple d'un orchestre symphonique.
Si, cette fois, le film dispose de peu de moyens financiers, les oeuvres sont
enregistrées avec les ressources que possède l'équipe
du film, c'est-à-dire des logiciels et un synthétiseur. En effet,
celui-ci est capable de reproduire une multitude d'instruments mais ce n'est
pas aussi intéressant que de travailler avec des musiciens professionnels,
et « il est préférable d'avoir un musicien médiocre
plutôt que de ne pas avoir l'âme d'un instrument réel »,
comme nous l'explique M.YARED.
Mixage et montage audio-vidéo
La dernière étape est effectuée par les techniciens,
c'est-à-dire le mixeur et le monteur. Le mixeur essaie de bien mélanger
les différentes pistes sonores, à savoir la piste musicale, la
piste bruitage et la piste des voix des acteurs. Cette étape est appelé mixage.
Souvent, les détails de la musique ne sont plus très flagrants
: on apprend alors à se concentrer sur l'essentiel. Le dernier travail
revient au monteur qui assemble les plans vidéo et les bandes sonores
afin de finaliser le film.
Déclaration Universelle des Droits de l'Homme (1948),
Article 27 : 2. "Chacun a droit à la protection
des intérêts moraux et matériels découlant de toute
production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur "
Code de la propriété intellectuelle , Article
L. 111-1 : " L'auteur d'une oeuvre de l'esprit jouit sur cette
oeuvre, du seul fait de sa création, d'un droit de propriété incorporelle
exclusif et opposable à tous" Article L.123-1 : "L'auteur
jouit, sa vie durant, du droit exclusif d'exploiter son oeuvre sous quelque
forme que ce soit et d'en tirer un profit pécuniaire"
Le droit d'auteur est la somme de 2 droits, à savoir le droit patrimonial
et le droit moral. Comment un auteur pourrait-il savoir que, dans un autre
pays que le sien, quelqu'un utilise l'une de ses musiques pour promouvoir un
produit ? Il n'a aucun moyen de le savoir. C'est l'une des raisons pour lesquelles
les auteurs sont réunis en sociétés. Afin de disposer
d'une preuve attestant de l'existence d'une oeuvre à une date déterminée,
l'auteur la dépose dans une société d'auteur. Pour ce
faire, il remet à celle-ci la partition (de plus en plus facultative)
et/ou le CD comportant l'oeuvre composée ainsi que les formulaires joints
en Annexes (ils ne valent que pour les musiques de film). Grâce à ces
papiers, la société peut calculer les droits qu'elle devra payer à l'auteur
lors de la diffusion de son oeuvre, en se basant principalement sur la durée
des musiques utilisées.
> En France, il existe une société d'auteurs civile, à savoir
la Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de Musique, plus
connue sous l'acronyme SACEM . Celle-ci a été créée
en 1851 et défend les droits des auteurs, des compositeurs et des éditeurs
de chansons ainsi que de musiques liées à l'image, protège
leurs oeuvres et préserve ainsi la liberté de créer. Toutes
les oeuvres qui y sont déposées forme un répertoire immense
et sont protégées tout au long de la vie de leur créateur
et soixante-dix ans après sa mort. La SACEM est à la France ce
que la SABAM est à la Belgique, la GEMA à l'Allemagne, la PRS à l'Angleterre...
Chaque pays a donc sa société d'auteur, exceptés les pays
en développement comme en Europe de l'est ou dans le Caucase avec l'Arménie
par exemple. En effet, ces pays n'ont pas suffisamment de moyens pour créer
une société d'auteur.
En France, il existe un organisme qui protège et défend les droits des compositeurs de musiques de films, mais qui fait aussi la promotion de ce métier : l'UCMF. Cela signifie Union des Compositeurs de Musiques de Films. Cet organisme français a été créé en septembre 2002 et compte une centaine de membres. Parmi eux, nous pouvons trouver des compositeurs que nous avons déjà mentionnés dans ces TPE, à savoir Bruno COULAIS, Mario LITWIN, Jean-Claude PETIT, Roberto TRICARRI et Gabriel YARED. Les missions effectuées par l'UCMF sont diverses. En effet, elle organise aussi bien des conférences ou des master class afin de promouvoir cette discipline qu'est la composition d'une musique de film, que des rencontres avec des grands compositeurs de musique de film tels que Antoine DUHAMEL, Vladimir COSMA et Michel LEGRAND. De plus, elle tente d'insérer les catégories de « meilleur compositeur de musiques de film » et « meilleure composition de musique de film » aux Victoires de la Musique, au Festival de Cannes...et d'obtenir des subventions de diverses sociétés d'auteur comme la SACEM.
En général, le compositeur requis par le réalisateur
utilise sa propre musique qu'il compose pour l'occasion ou possède en « stock ».
Cela dit, il n'est pas rare que le réalisateur ou la production souhaitent
utiliser une musique déjà existante, notamment dans le domaine
publicitaire afin de valoriser un produit ou de lancer un artiste. Pour ce
faire, la production doit effectuer les démarches essentielles pour être
en règle avec la législation. Si le compositeur « attitré » du
film orchestre différemment la musique pré-existante, il devient
arrangeur. S'il ne fait que la plaquer sur l'image, il devient monteur-son,
sound-designer ou encore conseiller musical. Utiliser une musique pré-existante,
par exemple la chanson Ma vérité de Johnny HALLIDAY, nécessite
plusieurs demandes d'autorisations : à l'auteur (David SALSEDO), à l'éditeur
(Warner Chapell Music France) car c'est l'exploitant de l'oeuvre, mais aussi à la
maison de disque (Universal Music) car c'est le "fabriquant" du support
de la musique enregistrée. Nous avons pris l'exemple de Johnny
HALLIDAY car il a tourné plusieurs publicités et utilisé sa
musique pour « Optic 2000 » et le « Crédit
Agricole ». En effet, le producteur du film doit tout d'abord se
renseigner pour connaître la maison de disque qui a produit le support
de la musique. (Dans le cas où il ne sait pas à quelle maison
de disque s'adresser, il se renseigne auprès de la société d'auteur).
Ensuite, il négocie directement avec la maison de disque de l'auteur
de cette musique, qui n'a aucun intérêt à refuser l'utilisation
de la musique, sauf en cas de nuisance à l'auteur (nuisances morales
ou dévalorisation).
S'il y a accord, le producteur du film paye des droits à la maison de
disque qui paye l'auteur de la musique. La production du film est alors
tenue d'informer l'auteur car celui-ci a entièrement le droit moral
de refuser l'utilisation de sa composition.
Il arrive fréquemment que la production refuse de payer à cause
de droits d'auteur trop importants. Elle demande alors au compositeur attitré du
film de créer l'intégralité des musiques du film en se
rapprochant au plus près de l'écriture de l'oeuvre qu'elle voulait
utiliser. Cette composition s'appelle un pastiche, c'est à dire une
imitation des procédés caractéristiques de l'oeuvre « copiée ». Comme
nous pouvons le lire dans l'interview d'Antoine DUHAMEL, réalisée
par Le Monde (voir Annexes) , le grand compositeur français
a effectué plusieurs pastiches : un pastiche de sa propre musique
dans Pierrot le fou de Jean-Luc GODARD pour La mort en direct de Bertrand TAVERNIER,
un pastiche du Boléro de RAVEL pour Belle époque de Fernando
TRUEBA et un pastiche du compositeur Jean SIBELIUS pour Métropolis de
Pierre-André BOUTANG.
Si cette fois, la production refuse de payer mais utilise tout de même
la musique après l'avoir obtenue illégalement (par le piratage,
le téléchargement, la copie...), alors elle s'expose à des
poursuites judiciaires. Ce cas est assez courant, notamment d'un pays à un
autre. Par exemple, la musique d'un auteur français peut être
utilisée par un arrangeur ou un monteur-son en Argentine, sans autorisation.
L'auteur français n'a alors aucun moyen de le savoir, sauf si la société à laquelle
il est affilié le découvre.
En cas de diffusion non plus dans un film mais sur une chaîne de télévision,
l'auteur est cette fois-ci payé par le diffuseur, tel que TF1.
En conclusion, dans tous les cas cités précédemment, la
SACEM ne paye l'auteur que si elle a reçu l'argent du diffuseur. Elle
ne fonctionne pas comme une assurance, en cas de vol de musique. Il faut la
voir comme un organisme qui collecte pour les auteurs et redistribue leurs
oeuvres.
CONCLUSION
A travers la première partie de ces Travaux Personnels Encadrés,
nous avons pu voir que l'image est très souvent accompagnée de
musique pour diverses raisons, et ainsi, nous pouvons dire que la musique est
indissociable de l'image.
En effet, dans la publicité, la musique permet d'attirer l'attention
du spectateur et de promouvoir un produit afin de le pousser à l'achat.
Retenons également que les publicités ou les films d'animation
destinés à un jeune public possèdent des musiques minimalistes
et guillerettes afin que l'enfant les garde facilement en mémoire. Dans
les films, la musique permet d'apporter de l'intérêt à une
scène en la rendant plus attrayante ainsi que d'exalter les sentiments
afin d'émouvoir le spectateur.
Ensuite, grâce à la seconde partie, nous avons pu remarquer que,
de la naissance d'une mélodie à sa mise en place sur une image,
la musique est une nouvelle fois indissociable de l'image.
En effet, tout au long de son travail, le compositeur dispose de l'image, qu'il
peut visionner à tout moment. Cependant, ce travail de composition ne
se réalise pas sans difficulté. Il possède peu de liberté et
doit se soumettre à des contraintes, comme le minutage ou encore le
réalisateur, l'ambiance générale ainsi que le budget du
film. Toutes les oeuvres crées sont déposées dans une
société d'auteur, la SACEM pour la France, afin que les compositeurs
reçoivent leurs droits d'auteur. Afin de défendre ces droits,
souvent bafoués, les compositeurs de musiques de film ont créé leur
union, l'UCMF. Pour finir, il n'est pas rare que pour valoriser un produit,
comme c'est le cas dans les publicités et les émissions de télévision,
le réalisateur veuille utiliser une musique pré-existante, ce
qui nécessite une nouvelle fois d'importants et complexes flux d'argent.
BIBLIOGRAPHIE :
Sur un support papier :
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PASSEK Jean-Loup. Le Dictionnaire du cinéma . Larousse. p465, 146
MOUELLIC Gilles. La musique de film . Cahiers du cinéma
Articles de périodiques :
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Cinéfonia n°4
Sur Internet :
www.cadrage.net/dossier/musiquedefilm/musiquedefilms.htlm
www.Ramdam.com/gen/film.htm
www.traxzone.com/index.asp .
Il contient des interview de compositeurs de films.
www.ac-nancy-metz.fr/Associations/musiqueecole88/pierrot.htm .
Il contient un bref résumé de l'histoire du cinéma.
www.lenumero.fr .
Le site officiel du 118 218
www.toutouyoutour.com Le
site lucratif du numéro 118 218
www.allo118.com Site
expliquant et comparant les différents numéros 118...
www.musiquedepub.tv Site
consacré aux musique de publicités.
www.sacem.fr
www.ucmf-online.com
http://www.repaire.net « La
Musique dans vos film, droits et obligations »
Site sur lequel nous avons trouvé tous les compositeurs :
http://www.compositeur.org/ :
ANDRE Serge : http://www.serge-andre.com/
BEDROSSIAN Armen : http://www.gamstudio.com
CHARRON Ambroise : http://homepage.mac.com/ambroise.charron/home.html
CLIN Claude : http://claudeclin.com/
ELSNER Bernhard : http://www.latroika.com/
GAILLARD Pascal : http://www.papabass.com/
GROC Amaury : http://groc.org
JUILLET Laurent : http://perso.wanadoo.fr/laurentjuillet/
LITWIN Mario : http://www.mariolitwin.com
MARINI Aurélien : http://www.2compositeurs.com/
PEYRONY François : http://www.peyrony.com/
ROBERT Gérald : http://www.gerald-robert.com/
ROSSI Jérôme : http://www.jeromerossi.com/#
ROY Arnaud : http://royarno.free.fr/
SICARD Pascal : http://www.sicard-music.fr.tc/
VINCENT Agnès : http://www.agnesvincent.com/
YARED Gabriel : http://www.gabrielyared.com
REMERCIEMENTS
Avant tout, nous remercions Mesdames Corinne DIEUZY et LUX-PAGAT ainsi que
Monsieur Daniel IBANEZ pour nous avoir guidées et conseillées
tout au long de nos recherches et dans l'élaboration de nos Travaux
Personnels Encadrés.
Nous adressons également nos remerciements à Mademoiselle Marie-Pierre
ESMAN, professeur de musique du lycée, pour nous avoir confier ses deux
ouvrages sur « la musique au cinéma », ainsi qu'à l'employée
de la médiathèque de St Paul Trois Châteaux pour nous avoir
confier le magazine Cinéfonia .
Puis, nous voudrions remercier Mademoiselle Flora SOUBEYRAS, élève
du club audiovisuel ainsi que du club histoire du lycée, pour nous avoir
amicalement prêté son court métrage sur le camp de Mauthausen.
Ensuite, nous remercions les compositeurs audiovisuels suivants : Messieurs
Serge ANDRE, Ambroise CHARRON, Claude CLIN, Bernhard ELSNER, Pascal GAILLARD,
Amaury GROC, Mario LITWIN, Laurent JUILLET, Aurélien MARINI, Gérald
ROBERT, Jérôme ROSSI, Arnaud ROY, Pascal SICARD ainsi que Madame
Agnès VINCENT pour avoir gentiment répondu à nos questions
et pour nous avoir consacré de leur temps.
Pour finir, nous souhaiterions adresser des remerciements particuliers à Monsieur
Armen BEDROSSIAN pour s'être investi dans notre projet et pour nous avoir
consacré beaucoup de son temps, en nous procurant des documents de la
SACEM, l'une de ses musiques pour le film Arkadia et des informations essentiels à l'aboutissement
de notre dossier, ainsi que Messieurs François PEYRONY et Gabriel YARED
pour nous avoir fait partager leur grande expérience dans le domaine
audiovisuel, et ce, très chaleureusement et simplement.
Contacter Musique d'Illustration : Musique d'Illustration@ Musicjag SARL, 50 rue Maurice Berteaux 95120 Ermont - France. Tel : 02 97 53 06 39 - e-mail : musique-illustration@musicjag.com